
Entretien avec Don Mateo | Biographie du street art
Don Mateo est un street artiste français vivant actuellement à Lyon. J’ai eu le plaisir d’échanger quelques mots avec lui et de faire connaissance avec l’artiste et son œuvre.
Pourquoi avez-vous choisi le nom « Don Mateo » ? Y a-t-il une histoire liée à ce nom ?
J’ai vécu en Espagne en 2006. Le nom Don Mateo fait référence à cette période de ma vie.
Quelle a été votre première expérience avec le street art ? Qu’as-tu peint ?
La première fois que j’ai peint quelque chose dans la rue, c’était quand j’avais 12 ans. J’ai tagué un « putain » en or sur la voiture de mon professeur. C’était stupide de ma part. Quelques années plus tard, j’ai réalisé des projets liés à la ville. Je me souviens avoir peint un tank en rose le jour où Sarkozy est devenu le nouveau président français.
Pourquoi avoir choisi de peindre dans la rue ? Comment définiriez-vous votre lien avec la ville ?
Je peins depuis 20 ans, mais peindre dans la rue est pour moi un équilibre parfait. Je ne ressens aucune pression, c’est un espace de liberté totale. En plus, je suis dans la rue depuis l’âge de 14 ans, c’est là que je passe le plus clair de mon temps, avec mes amis.
Qu’est-ce qui vous inspire lorsque vous créez ?
Rien de spécial pour être honnête. L’art est un moyen d’expression, j’en ai besoin.
On peut remarquer que la plupart de vos travaux se concentrent sur des personnages féminins (femmes et filles), pourquoi ?
Je trouve de la poésie, de la douceur et de la force chez les femmes. Malheureusement, je ne les trouve pas chez les hommes. Depuis des temps immémoriaux, les peintres se sont inspirés des femmes, par exemple Ingres, Manet… Étonnamment, lorsque j’ai des pensées noires, je me concentre sur les personnages masculins, mais en général ce sont des idées dont je me débarrasse rapidement.
En 2013 vous avez réalisé un collage ‘Fuck You’ à Lyon. À qui il est adressé?
J’ai peint un personnage donnant un doigt sur un mur. J’ai aimé le contraste entre la grâce du personnage et la grossièreté du doigt. Le geste n’est qu’un symbole pour exprimer la colère et la rébellion.
Quels sont vos futurs projets dans les années à venir ?
Peignez encore et encore.
Enfin, on a entendu la police arrêter le collectif JAB à Lyon (26 avril), avec plus d’un million d’euros de dommages et intérêts à payer selon les médias français. Quelle est votre réaction à cela ?
Je ne réagis pas à ça… Cela ne m’intéresse pas. Cela a occupé la presse locale pendant quelques jours. Je préfère lire des articles sur de bons artistes locaux, mais ce n’est pas grave…

Don Mateo,se soumettre ou se battreà Lyon (2015)
Don Mateo,athénaà Lyon (2016)


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